France – Liban

Tripoli (Liban),

Le Liban, prochaine étape d’Artivista prévu en octobre prochain.

Le pays d’origine et la culture des membres d’Artivista ont toujours joué un grand rôle dans la naissance de chacun de nos projets.

Cette fois, l’impulsion est venue de Claire, d’origine libanaise, d’Anthony logisticien sur place et de Pia qui vient de nous rejoindre après avoir quitté le Liban depuis peu. Claire et l’équipe ont souhaité que l’association, avec des invités de la scène du street art français et des artistes libanais, fasse étape dans le quartier oublié d’une cité du pays du Cèdre. 

Là encore, comme lors des précédents échanges avec le Brésil, l’Irak ou la Colombie, il s’agira de prendre part au projet d’embellissement artistique d’un quartier relégué, et de partager avec la population locale des moments chaleureux autour de la peinture urbaine. 

Le Liban, déjà fortement touché par la pandémie de Covid-19, ne s’est toujours pas remis de la terrible explosion du port de Beyrouth, en août 2020. Le pays traverse la pire crise économique de son histoire : la livre libanaise a perdu plus de 90 % de sa valeur en deux ans. Cette situation a engendré de multiples pénuries, et a fait exploser le chômage et l’inflation. Le Liban s’est appauvri, provoquant l’exil d’1 million de Libanais en l’espace de deux ans. Selon des sources officielles, 60 % de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté, et le taux de chômage touche 40 % des Libanais.

Le quartier défavorisé de Bab al-Tebbaneh, à Tripoli

Tripoli, la capitale du Liban-Nord, située à 80 km au nord de Beyrouth, est considérée comme la ville la plus pauvre du pays, malgré une énorme richesse historique héritée des époques dominées par les Mamelouks et les Croisés. 

La banlieue de Tripoli est aujourd’hui une enfilade de bidonvilles insalubres et délaissés. Bab al-Tebbaneh en fait partie. Ce quartier marginalisé compte environ 60 000 résidents dont 60 % sont des musulmans sunnites libanais et 30 % des réfugiés syriens et palestiniens. Ce quartier a longtemps connu des tensions intercommunautaires et de violents affrontements avec le quartier voisin de Jabal Mohsen. Les retombées de la guerre en Syrie et des rivalités entre les personnalités politiques locales sont en partie responsables de cette violence et de cette misère. 

L’autre raison qui a déterminé le choix de Tripoli, a été une rencontre avec l’artiste de rue et activiste Mohamed Abrash. Originaire et résident de Bab al-Tebbaneh, il va nous ouvrir les portes de son quartier, faciliter notre intégration et nos échanges avec les écoles et centres sociaux, la population et les forces locales. Notre souhait est d’impliquer les habitants du quartier, les petites entreprises comme les acteurs locaux, et de recréer du lien social autour de notre projet artistique.

Murs que vont peindre les 6 artistes dans le quartier de Bab al-Tebbaneh, à Tripoli

Colombes (France)

En France c’est à Colombes qu’Artivista compte mettre en oeuvre ses savoir-faire en mai 2023.

La ville de Colombes est située dans le département des Hauts-de-Seine à 5km de Paris et compte environ 90.000 habitants.

En partenariat avec la ville, la Maison des associations, Le CFA (centre de formation des apprentis) les bailleurs sociaux (Colombes Habitat Public) et les acteurs locaux. Artivista souhaite embellir le quartier prioritaire Fossé-Jean de Colombes et faire participer les habitants à la réalisation des murs par le biais d’ateliers d’initiation au street art. Ce projet se clôturera par une fête de quartier autour des fresques.

Les Artistes 

Pendant quatre semaines, les artistes français Tim Zdey, Aurélie Andrès, Jo Ber, et les artistes libanais Mohamed Abbrash, Mjay et Exist vont peindre et vivre ensemble, partager leurs cultures, réaliser un projet humain et artistique commun autour du street art avec l’équipe de volontaires d’Artivista. Le photographe/ vidéaste Thibault Lefébure partagera également ces moments chaleureux et remarquables.

ZDEY 

Un jour pas si lointain, Tim a fait le grand écart. Alors qu’il travaillait le jour dans la finance, à Bombay, il s’amusait le soir à peindre sur des maisons de la mégapole indienne. C’est là-bas en effet qu’il a découvert la couleur, si présente et si belle, et qu’il a jeté l’éponge (de la finance, bien entendu !). Devenu un des artistes phares du street art, Tim a participé à nos projets au Brésil, en Irak et en Colombie. Il a peint à Strasbourg comme à Bogota, recréant à chaque fois une ville dans la ville. Très coloré, son travail est un jeu de composition plein de gaité et d’énergie positive. Petit clin d’œil ? Son palmier assyrien qu’il a peint la première fois à Mossoul et qui est devenu voyageur puisqu’on le retrouve aussi bien à Strasbourg qu’à Saint-Denis. Sa signature en somme.

AURÉLIE ANDRÈS

Aurélie Andrès est une artiste française multidisciplinaire : designer, illustratrice et muraliste, son travail est le reflet de sa joie de vivre communicative. Après une carrière comme designer textile, elle découvre lors d’une traversée au Maroc les pigments dans la ville de Chefchaouen, au nord-ouest du pays, avec lesquels elle va peindre la façade d’une école en plein désert. Aux côtés de ces enfants aux visages illuminés, elle a un déclic : cette expérience grand format marque le début de grandes aventures. Sur des murs au Japon ou en Colombie, à New York City ou à Paris, elle affirme désormais son style coloré et graphique, pop et mène des projets de plus en plus tournés vers le partage.

JO BER

Bercé aux comics et au hip-hop, Jo Ber a grandi au pied de La Défense. Et tout naturellement, c’est ce quartier qui devient son premier terrain de jeu, dans les années 2000. Mais bientôt, il ressent un irrésistible désir de partir à la découverte d’autres décors. 

Les différentes gares d’Europe deviennent alors les étapes de son carnet de voyages in situ. C’est ainsi qu’il nous balade sur l’avenue de son imaginaire figuratif, entre ligne claire, BD underground et théorie de la relativité. Et si Jo Ber clame haut et fort son intérêt pour les mythologies urbaines comme pour les ghettos antiques, son intention première reste bel et bien de faire vibrer le tracé espiègle de son humeur rieuse.

EXIST 

Exist est un graffeur libanais qui utilise l’espace public comme un moyen d’expression et d’influence. L’arabe étant sa langue maternelle, il a commencé à expérimenter le graffiti en lettres arabes, après avoir passé quelques années à les peindre en lettres latines. Il explore différentes techniques et approches pour créer des visuels qui expriment des sentiments forts, chaque œuvre d’art étant pour lui l’occasion de partager une expérience réélle. Evoluant dans une époque où l’ignorance est une menace, l’artiste cherche au contraire à prôner la vérité et l’unicité à travers ses oeuvres.

MJAY

Née à Beyrouth, Marie Jose Ayoub alias Mjay aime investir son art dans des causes sociales et politiques. Artiste indépendante, esprit contestataire mais surtout créatrice de liens, elle aime peindre comme un geste d’espérance pour faire émerger la lumière des lieux sombres et souligner la beauté des ruines. Elle a notamment réalisé des fresques dans des hôpitaux et des écoles au Liban, a embelli des lieux de vie de réfugiés syriens et des bidonvilles. Parrainée par l’ambassade de Suisse, les Nations Unies et l’UNESCO, elle a récemment participé à un atelier d’art mural avec les élèves de 7 écoles touchées par l’explosion meurtrière de Beyrouth.

MOHAMED ABRASH

Mohamed Abrash a grandi à Bab al-Tebbaneh, et a vécu la guerre pendant plus de 10 ans avec son quartier voisin de Jabal Mohsen à Tripoli. Il a toujours rêvé de pouvoir un jour embellir les murs détériorés de son quartier par les traces de fusillades et de bombardements. Son but est de faire de Tripoli une ville artistique, remplie de peintures murales et de fresques. Mohamed en a déjà peint plus d’une centaine dans la ville même de Tripoli et dans différentes régions à travers le Liban, qui se distinguent surtout par leur sens de la calligraphie et du graphisme.